Pétition contre le déménagement de l’Institut Français du Portugal

Conseiller consulaire pour le Portugal, conseiller AFE pour la péninsule ibérique je soutiens cette initiative citoyenne.
Le déménagement de l’Institut constitue un faux débat. Comment faire pour que l’IFP dégage des ressources financières suffisantes à l’accomplissement de sa mission ? Si on ne réfléchit pas sérieusement à cette question, j’ai bien peur que le déménagement au Palais de Santos soit un emplâtre sur une jambe de bois, et qu’à horizon de 5-10 ans on nous annonce simplement la fermeture de l’IFP comme on le fait actuellement pour le consulat de Porto. Nous devons aussi réfléchir et accompagner une programmation orientée vers le développement de jeunes artistes français en devenir. Solution moins onéreuse, qui permet de garantir une certaine qualité.

Vous pouvez signer la pétition au lien ci dessous:

https://www.change.org/p/sauvonsifp?recruiter=66422335&utm_source=share_petition&utm_medium=facebook&utm_campaign=autopublish&utm_term=des-lg-no_src-reason_msg

Mehdi Benlahcen

Conseiller AFE Péninsule ibérique
Conseiller consulaire Portugal
Président du groupe « Français du monde, Ecologie et Solidarité »
mehdibenlahcen@hotmail.fr – mehdi.benlahcen@conseiller-consulaire.com
+351 927 469 082

Conseil consulaire du 28 novembre 2014

Forum Porto

Forum pour l’emploi de Porto, le 11 avril 2014, Mehdi Benlahcen et Françoise Da Silva au milieu de candidats.

Le 28 novembre dernier le conseil consulaire était réuni pour parler d’emploi et de formation professionnelle. Françoise Da Silva et moi-même étions présent au nom de la liste « Français du monde, citoyens solidaires au Portugal ».

Dans un premier temps M. Daniel Vosgien qui présidait ce conseil nous a informés que la loi 2014-288 du 05 mars relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale met en place une régionalisation de la formation professionnelle, aussi bien en France que pour les Français établis hors de France. Pour l’instant nous ne connaissons pas encore les modalités du nouveau dispositif, certaines conventions étant toujours à cette date en cours de négociation.

L’ensemble des conseillers consulaires ont émis le souhait que les Français de l’Etranger soient traités par une région unique. Je suis en outre intervenu pour souligner que cette évolution n’était guère surprenante lorsque l’on a en mémoire que seulement 25% du budget consacré à la formation professionnelle a été consommé en 2013.

Dans un second temps, M. Vosgien nous a prévenus de la fin prévue du dispositif local d’aide à l’emploi. 2015 sera la dernière année où Entreprendre.pt (structure associative qui gère la cellule emploi à l’attention des Français établis au Portugal) se verra attribuer une subvention. Elle devra être en mesure d’assurer son autofinancement dès 2016.

J’ai fait part de mon étonnement. En effet, l’échéance indiquée ne correspond pas à celle annoncée par Matthias Fekl – Secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur, du tourisme et des Français de l’Etranger – lors de son allocution à l’AFE le 7 octobre dernier. A cette époque on nous avait parlé d’un triennum 2015-2017 qui devait servir de période de transition.

Dans un troisième temps, le conseil a examiné les résultats 2014 de la cellule emploi. Ces résultats sont excellents. L’association Entreprendre.pt a placé en 2014 un total de 42 demandeurs d’emploi. Ces chiffres placent le poste de Lisbonne dans la moyenne européenne, ce qui n’était plus le cas depuis bientôt 5 ans.

Je suis intervenu pour préciser que la distinction placement direct – placement indirect me paraissait inadaptée. Il serait plus juste de distinguer placement actif et placement passif. En effet, certains placements « indirects » (est considéré indirect le placement d’un demandeur inscrit à Entreprendre.pt mais ayant obtenu l’entretien d’embauche de son propre chef) ont pu bénéficier d’un ou plusieurs stages de formation délivrés par l’association, ce qui aura facilité par la suite leur intégration dans le marché du travail portugais.

En outre, j’ai demandé qu’une réflexion soit menée autour du thème des conjoints d’expatriés. Ce public, en grande partie féminin, est fortement présent lors des forums organisés par Entreprendre.pt. En très grande majorité, il s’agit d’un public à la recherche d’un emploi à temps partiel, dont les attentes ne répondent pas à la réalité du marché du travail portugais (le temps partiel représente seulement 10% de ce marché).

Enfin dans un dernier temps, l’association nous a présenté ses perspectives pour l’année 2015. Elle prévoit une capacité d’autofinancement de 40% afin de préparer au mieux le désengagement de l’Etat. Cela nécessitera éventuellement une facturation plus importante des entreprises et surtout pour les candidats (comme demandé par le ministère). Je suis intervenu sur ce point particulier, car il s’agit d’une nouveauté difficile à mettre en place techniquement, et génératrice d’inégalités dans l’accès au service. Il est évident que les 233 candidats déjà existants dans la base de données ne seront pas facturés de manière rétroactive. Les nouveaux candidats 2015 seront donc facturés pour un service, qui demeurera en grande partie gratuit pour les candidats 2014! C’est difficilement acceptable.

Au titre de l’année 2015, Entreprendre.pt sollicite une subvention de 12 000€.

Je continuerai d’accompagner du mieux possible les efforts de cette association. Tout d’abord en défendant du mieux possible la demande de subvention lors de la commission permanente pour l’emploi et la formation professionnelle qui se tiendra à Paris en mars prochain et en l’accompagnant du mieux possible ensuite dans l’organisation des différents forums.

Mehdi Benlahcen

Conseiller AFE Péninsule ibérique
Conseiller consulaire Portugal
Président du groupe « Français du monde, Ecologie et Solidarité »
mehdibenlahcen@hotmail.fr – mehdi.benlahcen@conseiller-consulaire.com
+351 927 469 082

Fermeture du consulat de Porto et vente des installations de l´IFP

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Le vendredi 5 décembre lepetitjournal.com a consacré un article a la fermeture du consulat de Porto et au déménagement de l’Insitut Français. Vous pouvez lire mes impressions dans l’interview ci dessous:

Lepetitjournal.com : Une restructuration consulaire est en cours dans le monde entier et l´Etat français vient ainsi de décider de fermer le Consulat général de Porto pour en faire un Consulat honoraire. La population française locale semble accepter cette fermeture mais demande que soient maintenus les services nécessaires. Comme conseiller consulaire quelle est votre position ?

Mehdi Ben Lahcen : Pour démarrer, je pense qu’il est nécessaire de bien préciser les termes. Le Consulat de Porto n’est plus un consulat général depuis 2010. A cette date il a été transformé en consulat d’influence. Cela fait donc bientôt 5 ans que le très gros des compétences du Consulat de Porto ont été transféré vers le Consulat de Lisbonne : Les passeports, les cartes d’identités devaient déjà y être retirés.

Cette fermeture du consulat n’est donc malheureusement pas une surprise. Il nous incombe en tant que conseiller consulaire de réfléchir à la meilleure manière de garantir un service consulaire de qualité aux Français du Nord du Portugal.

Je pense sincèrement qu’en termes de proximité, cette fermeture peut être un mal pour un bien. En effet, nous avons convenu que ce consulat serait remplacé non pas par un, mais par DES consuls honoraires. Le but est de pouvoir mettre en place un meilleur maillage, en ayant plusieurs consuls honoraires dans le Nord du Portugal : Porto, Coimbra-Leiria, et Viana do Castelo devraient ainsi se voir doter d’un consulat honoraire. Nous espérons ainsi rapprocher le plus possible le service de l’habitant. Ce qui serait un vrai progrès par rapport à l’ancien système, où un seul consulat dans le nord obligé les Français de Braga, Viana do Castelo, Coimbra, à faire de nombreux kilomètres pour accomplir leurs formalités administratives. Par ailleurs, il est indispensable que nous trouvions des candidats de nationalités françaises afin que les consuls honoraires puissent être en situation d’établir le plus possible de documents administratifs. Ce dispositif doit s’accompagner d’un développement de l’e-consulat, et des tournées de la « valise itinera ».

Enfin, être conseiller AFE m’amène à avoir une vision plus globale du problème. Lorsque je siège à Paris et que nous débattons sur les fermetures de consulat dans le cadre du budget, je le fais au nom de tous les Français de l’étranger. Je dois veiller à une certaine forme de justice et d’égalité sociale dans l’attribution des crédits consulaires. Pour exemple, en Angleterre nous avons 400 000 Français et un consulat, en Belgique plus de 100 000  Français et un consulat. Le Portugal avec  2 consulats pour 15 000 Français faisait figure d’exception.

Selon l´information diffusée « L´Institut Français du Portugal (IFP) change d´installations retrouvant ses installations d´origine au Palais de Santos, c´est à dire à l´Ambassade de France où il fonctionnait dès 1937 ». Quels commentaires, comme conseiller  consulaire, vous inspire ce changement lié à une réforme de l´Etat français et à sa présence à l´ étranger ? Et, selon vous quelle importance a l´IFP pour la communauté française et pour la diffusion de la culture française au Portugal et donc auprès des Portugais?

Mehdi Ben Lahcen : L’IFP s’adresse presque exclusivement à un public portugais puisque sa mission est de faire la promotion de la culture française auprès de ces derniers. Cependant, le bâtiment situé rua Luis Bivar, a une grande importance auprès de la communauté française. C’est un endroit, carrefour de rencontres, et point de repères de la communauté. Cette vente, est donc une très mauvaise nouvelle. En particulier, la disparition de l’auditorium qui était un élément de rayonnement de la culture française au Portugal.

Je ne suis pas sûr que cette vente obéisse à une quelconque réforme de l’Etat Français, voir même à une vision stratégique d’ensemble. Aujourd’hui, nous ne savons pas si cette vente est guidée par la volonté de récupérer de l’argent frais dans les caisses de l’Etat, ou par l’impossibilité pour l’IFP d’entretenir ce bâtiment. J’ai pu visiter ce dernier, il est effectivement en sale état, et l’état des ressources financières de l’IFP semble limité pour y faire face.

Mais, n’est pas là le vrai débat. Comment faire pour que l’IFP dégage des ressources financières suffisantes à l’accomplissement de sa mission ? Si on ne réfléchit pas sérieusement à cette question, j’ai bien peur que le déménagement au Palais de Santos soit un emplâtre sur une jambe de bois, et qu’à horizon de 5-10 ans on nous annonce simplement la fermeture de l’IFP comme on le fait actuellement pour le consulat de Porto. Il est urgent de réfléchir à une réorganisation de la relation IFP / Alliance Française. L’IFP est dans une situation quasi inédite dans le monde, puisqu’il n’est pas autorisé à faire des cours de langues, le privant ainsi de ressources financières importantes. En parallèle, nous devons aussi réfléchir et accompagner une programmation orientée vers le développement de jeunes artistes français en devenir. Solution moins onéreuse, qui permet de garantir une certaine qualité.

En tant que conseiller consulaire, je milite donc pour une sauvegarde de ce bâtiment. Je m’associerai donc à toute démarche venant des milieux culturels et politiques portugais, ayant pour but le maintient en l’état. Enfin ce bâtiment, propriété de l’Etat français, étant très important pour la communauté nous devons réfléchir à un plan B, afin qu’il soit réaffecté auprès d’autres acteurs publiques, et ce d’autant plus que la vente est tout sauf évidente. Deux entités du bâtiment sont classées, rendant difficile son réaménagement par un repreneur privé.

Enfin, le déménagement de l’IFP a des conséquences humaines regrettables. Une partie du personnel est en procédure de licenciement. En tant qu’élu je serai vigilant aux conditions dans lesquelles seront effectuées ces  licenciements et attentif aux mesures d’accompagnements proposées  aux personnels concernés

Propos recueillis par Custódia Domingues et Maria Sobral (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) vendredi 5 décembre 2014