Social écologie: Le bond en avant?

cop-22

En octobre 2014, lors de la constitution de notre groupe à l’Assemblée des Français de l’Etranger, j’ai veillé avec l’ensemble de nos élu-es à la prise en considération de la sensibilité écologique dans notre organisation et nos travaux. Elle s’est d’ailleurs manifestée par l’apparition et le traitement de cette thématique à l’intérieur d’une commission de l’AFE.

Depuis trop longtemps, la question écologique a été sous traitée par notre parti. Même si les choses progressent, l’écologie reste peu pensée, et encore moins mis en œuvre, par notre famille politique. Des progrès ont été faits, mais il reste tant à faire pour respecter les engagements et l’ambition de l’Accord de Paris rentré en vigueur début novembre.

Plusieurs sujets me préoccupent donc particulièrement :

  • Tout d’abord la question climatique, qui pourrait affecter à terme, de nombreuses communautés françaises, notamment en cas de montée des eaux importantes. Les grandes mégalopoles côtières d’Asie sont ainsi particulièrement vulnérables. Ce sujet redessine également une géopolitique de l’énergie et joue un rôle de multiplicateur dans de nombreux conflits, comme au début du conflit syrien. Nous sommes confrontés tous les jours au drame des réfugiés, et à notre propre incapacité à nous mettre au diapason de nos valeurs de solidarité et de fraternité. Le meilleur moyen d’affronter et de se préparer au problème des réfugiés climatiques, s’est encore de faire en sorte de prendre les mesures nécessaires, pour que cette catastrophe annoncée ne se produise pas. En pleine COP 22, le respect des engagements de la COP 21 semble essentiel. Limiter le réchauffement climatique, pour contenir la montée des eaux doit être une priorité. Dans le cas contraire, il nous faudra, nous européens assumer nos responsabilités face à l’afflux de ces nouveaux réfugiés. C’est un point d’autant plus important que de nombreuses recherches récentes ont montré que le déclin des civilisations égyptiennes, Khmer ou Maya étaient dû avant tout à des facteurs écologiques.

  • Dans le même ordre d’idée le combat pour la conservation et le maintien de la biodiversité doit être une autre de nos priorités. J’ai suivi avec intérêt les débats autour de la loi dite biodiversité. J’en retiens la force résistance de nombreux milieux, alors qu’il s’agit avant tout de conserver un équilibre sur terre afin que nous puissions y continuer à vivre. Là aussi, c’est un nouveau champ pour notre combat internationaliste, assurer la protection des ressources vivantes, indigènes, de la prédation de multinationales sans vergogne. C’est d’autant plus détestable que même un économiste libéral comme Ricardo, montre dès le début du 19eme siècle que la croissance devient à terme stationnaire; en grande partie à cause du facteur écologique. La loi des rendements décroissants et son étude du rendement des terres agricoles constituent ainsi une première alerte sur les effets de l’épuisement des ressources sur la croissance d’une nation. Plus de 200 ans plus tard les mêmes causes produisent les mêmes effets et si le productivisme agricole peut produire à court terme de la richesse et de l’emploi se sera au prix de dégâts écologiques et économiques sur le long terme.

  • C’est cette même vision sur long terme dont nous manquons à l’heure d’avoir une vraie réflexion stratégique sur l’économie verte et la transition énergétique. L’économiste anglais Maddison a montré au travers d’un travail statistique, que de 1820 jusqu’aux années 90 le taux de croissance annuel moyen est égal à 1.6%. Ainsi, le niveau de croissance des 30 glorieuses semblent être une chimère, très difficilement atteignable. Dans ce contexte l’économie verte doit être un moyen de recréer un cycle de croissance extensive, créateur de richesses et d’emplois, et ainsi faire mentir les chiffres. Installer des panneaux solaires, des fenêtres thermiques… voilà un secteur économique où la demande n’est qu’à ses balbutiements et où le taux d’équipement, loin des 90% industriels peut laisser espérer une forte hausse de la consommation, et donc de l’emploi!

Ces thématiques ont de nombreuses répercussions nationales. Elles imposent aussi une réflexion sur un nouveau type d’inégalités; les inégalités environnementales, telles la précarité énergétique ou l’accès à une alimentation saine.

Ces sujets, leurs portages politiques et leur vulgarisation au-delà des cercles des initiés font partie du travail que je souhaite engager si j’ai la chance de pouvoir siéger au Sénat.

Mehdi Benlahcen

Conseiller AFE Péninsule ibérique
Conseiller consulaire Portugal
Président du groupe « Français du monde, Ecologie et Solidarité » à l’AFE
mehdibenlahcen@hotmail.fr – mehdi.benlahcen@conseiller-consulaire.com
+351 927 469 082

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